Revue de presse : “Les effets de l’homoparentalité”

L’article original en anglais est consultable depuis le site utexas.edu

Austin, Texas - Une fois adulte, les enfants de parents qui ont connu des relations homosexuelles diffèrent notablement sur toute une variété de facteurs sociaux, émotionnels et relationnels par rapport aux enfants élevés par leurs parents biologiques mariés et hétérosexuels, selon une étude menée par Mark Regnerus, professeur associé de sociologie à l’Université du Texas d’Austin.

Les résultats, qui vont être publiés dans le numéro de juillet de Social Science Research, sont particulièrement significatifs car pour la première fois, ils sont basés sur un échantillon comptant un grand nombre d’adultes ayant eu des parents engagés dans une relation avec des personnes du même sexe.

“La plupart des conclusions sur l’homoparentalité ont été basées sur des petits échantillons sélectionnés, pas des grands échantillons aléatoires” déclara Regnerus. “Les résultats de cette approche ont souvent conduit les spécialistes de la famille à conclure qu’il n’y a pas de différence entre les enfants élevés par des parents du même sexe et ceux élevés dans les autres types de famille. Mais ces études ont involontairement masquées la réalité de la diversité de l’expérience homoparentale en Amérique.”

Revue de presse : "Les effets de l'homoparentalité"

Regnerus précise que si son étude identifie des différences de revenus, elle n’explique pas pourquoi ces différences existent.

Les enfants étant plus susceptibles de vivre avec une mère lesbienne qu’avec un père gay, Regnerus s’est d’abord concentré sur le plus large échantillon – les enfants adultes de mères lesbiennes – pour faire des comparaisons avec les enfants qui ont vécu toute leur enfance avec leurs deux parents biologiques mariés.

Selon ses découvertes, les enfants de mères lesbiennes sont significativement différents une fois jeunes adultes dans 25 des 40 facteurs mesurés dans l’étude en comparaison avec ceux qui ont passé toute leur enfance avec leurs deux parents biologiques mariés. Par exemple, elles montrent des différences de revenus significativement plus basses, une moins bonne santé physique et mentale et de plus mauvaises relations avec leur partenaire.

69% des enfants de mères lesbiennes signalent que leur famille a touché l’aide publique à un moment ou à un autre, à comparé avec les 17% des familles biologiques intactes. Un peu moins de la moitié des enfants qui ont eu une famille biologique intacte signalent être employé à plein temps au moment de l’étude, à comparer avec les 26% des enfants de mères lesbiennes.

Cette étude n’a pas isolé les effets d’avoir un parent qui a eu une relation homosexuelle de ceux du divorce précédant ou succédant à la relation homosexuelle. La plupart des jeunes adultes de l’étude ayant un parent homosexuel ont vu leurs parents divorcer, ou connus d’autres types de désordres familiaux quand ils étaient enfants, et leurs résultats étaient jusque là similaire à ceux des enfants issus de familles recomposées ou monoparentales.

Regnerus signale que son étude traite surtout ce qui pourrait être qualifiée de “première génération” d’enfants élevés par des parents du même sexe, nombre d’entre eux ayant vu une union hétérosexuelle échouer.

“Cette étude pourrait ne pas refléter l’expérience de plus jeunes enfants grandissant aujourd’hui dans des familles du même sexe, particulièrement parce que la société est devenue plus tolérante vis-à-vis des familles homoparentales durant la dernière décennie” déclare-t-il. “Cette étude ne montre pas non plus que des parents du même sexe sont nécessairement de mauvais parents. Plutôt que les formes familiales instables ou des parents non-biologiques tendent à avoir des effets négatifs pour les enfants quand ils atteindront l’âge adulte.”

Regnerus s’est basé sur des données collectées pour le New Family Structure Study, qui a sondé 3 000 américains adultes (âgés de 18 à 39 ans), parmi lesquels 175 ont signalés que leur mère avait eu une relation homosexuelle et 73 que leur père avait eu une relation homosexuelle.

Contrôlant non seulement les différences de statut socioéconomique entre les familles d’origines, mais également la distribution politico-géographique, l’âge, le genre, la race/ethnicité et le fait d’avoir subi des brimades, Regnerus a sélectionné quarante variables sociales, émotionnelles et relationnelles pour comparer les résultats entre les jeunes adultes dont l’un des parents avait eu une relation homosexuelle avec ceux des jeunes adultes qui avaient eu d’autres types (hétérosexuelles) de familles, incluant les familles recomposées, les familles monoparentales et les parents adoptifs.

“Que les différences observées soient causés par l’homoparentalité ne peut être déterminé par l’analyse de Regnerus” déclare Cynthia Osborne, professeur associée à la Lyndon B. Johnson School of Public Affairs de l’Université du Texas d’Austin. “Les enfants de mères lesbiennes ont pu vivre dans un grand nombre de structures familiales, et il est impossible d’isoler les effets de vivre avec une mère lesbiennes de ceux d’un divorce, du remariage ou de la monoparentalité. Il est également tout à fait possible que ces effets dérivent des stigmates attachés à de telles relations et à la législation qui empêchent les couples homosexuels de maintenir une ‘relation normale’.”

D’une manière générale, Regnerus estime que les résultats de l’étude “sont cohérents avec un large corpus de recherche qui suggère que les enfants sont plus susceptibles de prospérer quand ils sont élevés par leurs deux parents mariés. Ces familles pourvoient un lien biologique entre les parents et les enfants et un niveau de stabilité inégalé, les deux facteurs bénéficiant largement aux enfants.”